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Assises du diagnostic immobilier : quel avenir pour le DPE ?

Les premières Assises du diagnostic immobilier ouvrent le débat sur le DPE, la fiabilité des diagnostics et l’avenir de la profession. (21/05/2026)

Assises du diagnostic immobilier : un rendez-vous décisif pour stabiliser le DPE et structurer la profession

Ce jeudi 21 mai 2026 à Paris, Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, ouvre les premières Assises du diagnostic immobilier à l’ensemble de la profession. Organisé à l’Hôtel de Roquelaure, cet événement marque une étape importante pour une filière devenue centrale dans les transactions immobilières, la rénovation énergétique et la lutte contre les passoires thermiques. L’objectif affiché par le ministère est clair : renforcer la concertation, en particulier autour du Diagnostic de Performance Énergétique, afin d’en assurer la stabilité et de mieux prendre en compte les attentes des acteurs du secteur.

Trois grands sujets au programme

Le programme officiel des Assises montre que le ministère veut aborder la profession dans son ensemble, et pas uniquement sous l’angle du DPE. Trois tables rondes sont prévues : la formation et l’attractivité du métier, la déontologie et le contrôle de la filière, puis la représentativité et la structuration de la profession. Cette dernière question est particulièrement sensible, car le diagnostic immobilier reste une profession morcelée, représentée par plusieurs fédérations et organisations.

Pour le gouvernement, ces Assises doivent permettre de faire émerger une organisation plus lisible et plus stable. Pour la profession, l’enjeu est double : obtenir davantage de reconnaissance institutionnelle, tout en évitant que les nouvelles règles ne se traduisent uniquement par une accumulation de contraintes administratives.

Fiabiliser sans fragiliser la profession

Depuis 2025, plusieurs mesures ont déjà été engagées pour restaurer la confiance dans le DPE. Le ministère a notamment annoncé un renforcement des examens, un meilleur contrôle des organismes de certification, une publication différée des résultats après enregistrement auprès de l’Ademe, ainsi que la généralisation de QR codes pour vérifier la validité des certificats et des DPE.

L’arrêté du 16 juin 2025 a également renforcé les exigences de compétences et les critères de certification des diagnostiqueurs intervenant dans le domaine du DPE. L’objectif est de mieux encadrer les pratiques, de limiter les écarts entre professionnels et de réduire les risques de fraude ou d’erreur.

Mais cette logique de fiabilisation ne fait pas disparaître les inquiétudes. Certains diagnostiqueurs redoutent une pression accrue, notamment lorsque les résultats du DPE ont un impact direct sur la valeur d’un bien, sa mise en location ou l’accès à certaines aides. La profession demande donc que les contrôles soient accompagnés d’une reconnaissance plus forte du métier et d’un dialogue plus régulier avec l’administration. Il faut sortir du bashing diagnostic.

La question de la gouvernance : ordre, quasi-ordre ou fédération ?

Derrière les Assises, l’un des sujets les plus structurants est celui de la gouvernance de la profession. Plusieurs pistes ont été évoquées ces derniers mois : création d’un ordre, d’un quasi-ordre, d’une fédération renforcée ou d’une structure représentative unique. Le rapport du député Daniel Labaronne, remis au gouvernement, insiste sur la nécessité de structurer la filière, de lutter contre la fraude et de garantir la fiabilité du DPE.

Selon La Tribune, ce rapport pointe notamment l’hétérogénéité des pratiques, les différences entre logiciels, les risques de mauvaise manipulation et les cas de fraude. Il évoque aussi l’idée d’une instance capable de clarifier les règles, de contrôler les pratiques et de sanctionner les manquements.

Cette idée est globalement bien accueillie par ceux qui souhaitent une profession plus reconnue et mieux organisée. Mais elle soulève aussi des questions : qui représentera réellement les diagnostiqueurs ? Quelle place pour les petites structures indépendantes ? Qui financera cette gouvernance ? Et comment éviter qu’un nouvel organisme ne devienne une couche administrative supplémentaire ? La gouvernance ne peut pas être à la main des grandes structures, les diagnostiqueurs indépendants doivent être pleinement représentés. La question de la certification individuelle est primordiale, laisser une porte ouverte à la certification de structure juridiques enferme la profession autour de quelques structures dominantes sans apporter la qualité et le sérieux attendu.

Le point de vue de Forme Carrée

La profession doit se structurer dans toutes ses dimensions, indépendants, petites structures ou plus grands groupes, personne ne doit être oublié au détriment de l'un ou de l'autre, c'est la condition d'une acceptabilité par la profession d'un gage de légitimité. de la réussite de sa gouvernance.

Pour aller plus loin

Quelques liens complémentaires :

- Le parisien : "Changer l'image des diagnostiqueurs immobiliers"

- Le site du ministère : " Programme des assises de la profession"

- La tribune : “DPE : pour sanctionner les fraudeurs, un député veut créer un ordre des diagnostiqueurs”

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